Ma vie en Haïti 3
En ville, la vie est rythmée par la quête de l’eau, cette denrée précieuse
sans laquelle on ne saurait vivre. Elle est distribuée au bon vouloir des autorités, pompée du réservoir vers les bidons de tôles fixés sur le toit de la maison. Cela fonctionne à l’électricité,
donc, quand il n’y a pas de courant, il n’y a pas d’eau. Les coupures sont nombreuses. Les "pauvres" du quartier viennent prendre l’eau jusque dans notre cuisine, voire au robinet du jardin quand
il est alimenté. J’ai appris ceci à mes dépens. Je rentrais de la plage, pas d’eau au robinet de la salle de bain. Une foule nombreuse en train de faire la queue dans la cuisine pour remplir des
bidons. C’est nous qui payons, mais il faut faire la queue comme tous les resquilleurs. A partir de ce jour j’ai rempli deux jerricanes que j'ai mis sous clé, dans ma salle de bain. Le confort en
ville est tout relatif.
En bord de mer on peut se laver dans l’océan hi hi…
Depuis 1860, par décret, le catholicisme est religion d’État. Mais depuis toujours le
vaudou sévit dans l’île, religion ancestrale, ayant ses origines en Afrique. Hélas cette pratique, est polluée par la magie d’inspiration française, arrivée avec les esclaves blancs des 36
mois…Une ambiance bien spéciale plane sur Haïti, où chacun, quelque soit la couche sociale, vit à l’ombre de cette nébuleuse tentaculaire. Les histoires de
fantômes, de sortilèges, de loas, de bizangos hantent les nuits…
Lentement et sûrement je peux prendre mon entourage en photo. Les gens ont compris que, je ne prenais pas leur âme, voire que je distribuais les images prises à ceux qui les désiraient. Tant et si bien que certains jours je suis la photographe attitrée du quartier. Les enfants se pressent pour avoir leur portrait…
N’est-elle pas mignonne cette petite fille : ti moun en créole !!!