Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Tradition - Voyages - Vie

Ma vie en Haïti 6

9 Août 2009 , Rédigé par Colmar City Publié dans #Haïti

Haïti est la première République Noire depuis 1804. Ses habitants se sont délivrés de l’esclavagisme, et pourtant, ne peuvent vivre qu’en esclaves ou en pratiquant l’esclavage. Chaque habitant a son domestique. Ce comportement fait que les derniers maillons de la chaîne sont les jeunes enfants et les vieillards. C’est le pays où la corruption est pratique de survie. Quand il s’agit d’assumer une responsabilité ce n’est jamais personne, c’est celui qui se trouve en dessous. L’adulte accuse l’adolescent qui renvoie à l’enfant et ainsi de suite. Un jour qu’une de nos cuisinières revenait du marché elle était suivie par une très vieille femme qui ployait sous le poids des paniers. J’ai couru pour l’aider. Que n’ai-je fait : "mouin gain in kop pou" (je suis payé pour). La pauvre était payée par la cuisinière et elle avait peur que mon aide la prive de son maigre gain. Le petit gars sur la photo était le "garçon" (domestique) du voisin. Ses parents le lui avaient vendu…

 

Il a bien fallu que je survive dans cet "autre monde" que je découvrais. J’ai dû faire avec le Moyen- Âge et son lot de gueux, de mendiants quotidiens, le XXème siècle et sa modernité pas assumée par le grand nombre. Tous les Haïtiens qui peuvent se le payer sont sous tranquillisants. Ils avalent le Valium comme des bonbons. N’imaginez pas une pharmacie comme chez nous, mais une simple officine où les médicaments sont vendus à la pièce. C’est le pays où j’ai appris ce qu’était le racisme. Les premières paroles que j’ai entendu : "voici la blanche qui vient nous prendre nos terres", ensuite "ça ion gro blanc". Je pensais que ça voulait dire : c’est une grosse blanche, jusqu’au jour où je l’ai entendu dire à l’encontre d’un homme couleur ébène. Cela signifiait : c’est un riche étranger. Comme quoi, quand on vit dans ce pays il vaut mieux connaître la langue vernaculaire, c’est à dire le créole qui change d’un quartier à un autre. Pas évident !
Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
A
Intérssant ton recit su Haïti. Tout le monde y est l'esclave de quelqu'un. Moi qui ai déjà de la peine à supporter d'être mon propre esclave, je ne sait pas comment je pourrais survivre dans ce pays. Nous qui sommes Colmariens et tant attaché au symbole de la Liberté pour de multiples raisons, nous avons bien du mal à nous faire à cette manière de vivre. Quand à la mendicité permanente dont les visiteurs sont soumis, elle n'est pas unique ou l'exclusivité de ce pays. Les champions en la matière se trouvent en Ethiopie. Vous êtes harcelés en permanence par des meutes d'individus. Gare à vous si vous lacher la moindre pièce, c'est l'emeute !    
Répondre
J
Tout com papymartial je ne pensais pas moi non plus qu'il en était ainse de Haiti!....Tu as vécu longtemps là bas ?....ET SANS INDISCRETION , qu'y faisais tu ?...Bonne soirée  et douce nuit  Bisous   Maria
Répondre
E
c'est dingue cette assouvissement de l'un vers l'autre, on ne peut pas imaginer que ça existe encore, excellente semaine, bisous, bonne nuit
Répondre
P
Bosoir. Je pensai que le TCHAD et le NIGER était msérables, mais je découvre avec tristesse que HAITI est bien pire. A+
Répondre