Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Tradition - Voyages - Vie

tante jeanne et moi : alaska etc.

Tante Jeanne et moi 23

19 Octobre 2010 , Rédigé par Colmar City Publié dans #Tante Jeanne et moi : Alaska etc.

http://i56.tinypic.com/29krhhk.jpg On passa une autre nuit dans le studio envahit par les odeurs des eaux qui charriaient toutes sortes de débris. Le lendemain de très bonne heure on vint nous avertir que les personnes étrangères à la ville allaient être évacuées vers l’aéroport. Je fis donc ma valise. Tante Jeanne qui ne savait pas nager et avait peur de monter dans le petit bateau refusa l’évacuation. « Pars ma chérie tu seras plus utile autre part que bloquée ici ! » Je la quittais à 9h, le cœur plein de chagrin. La première partie du trajet se fit en canot à moteur, dont le propriétaire allait faire la navette entre l’immeuble et un endroit presque à sec. Finalement vers 17h  nous fûmes une cinquantaine de personnes à attendre le bus qui allait nous emmener à l’aéroport.  

 http://i54.tinypic.com/2m7ym92.jpg

Deux bus arrivèrent conduits par des bénévoles, un des chauffeurs chargea toutes les valises et autres bagages dans le bus dans lequel je voulais monter. Refus catégorique, je devais monter dans le second bus. Je compris par la suite pourquoi ce refus. Le premier bus ouvrait la route, il risquait de tomber dans un trou creusé par les eaux. Le trajet jusqu’à l’aéroport se fit au pas. Dans mon bus, le chauffeur, en caleçon et chemise, conduisait pieds nus. Deux jours qu’il était vêtu de la sorte  « que voulez-vous, on a besoin de moi et c’est tout ce que j’ai pu sauver avant hier soir. »

Tante Jeanne et moi 22

16 Octobre 2010 , Rédigé par Colmar City Publié dans #Tante Jeanne et moi : Alaska etc.

Lentement mais sûrement la ville basse située le long du fleuve fut submergée par les flots. Le soir, comme je le disais dans mon précédent article, l’eau atteignit notre quartier. Nous ne restâmes pas longtemps sans craindre le pire. Un hélicoptère, tous feux allumés survola l’immeuble, on entendait le haut parleur : « on évacue les habitants des maisons aux alentours et ceux des étages inférieurs, les autres vous ne craignez rien ». Tant bien que mal, tante Jeanne et moi, nous essayâmes de dormir mais les hurlements des chiens, attachés à leurs niches, nous tinrent éveillées jusqu’à ce qu’on ne les entendit plus.                       Les avait-on secourus, étaient-ils morts noyés ?

Le 15 août 1967 au matin  Le même jour dans l'après midi

Le lendemain matin Fairbanks était entièrement sous les eaux, l’électricité et l'eau étaient coupées, dans l’immeuble toutes les portes des studios étaient ouvertes, on se rendait visite pour mettre en commun les victuailles. Un habitant du second (troisième aux USA) plongea dans l’eau pour chercher des bouteilles dans le bar voisin qui était sous l’eau. Il revint avec divers bouteilles d’alcool. Beaucoup de locataires avait soif et pas d’eau. Au fur et à mesure que les plombs sautaient sur les pylônes environnants les maisons prenaient feu. On pariait à celle qui serait épargnée. Le soir l’hélicoptère se posa sur le toit et apporta quelques galons d’eau potable. Sur le parking de l’immeuble on ne voyait plus que le toit de notre voiture. http://i56.tinypic.com/357puzm.jpg

Tante Jeanne et moi 21

12 Octobre 2010 , Rédigé par Colmar City Publié dans #Tante Jeanne et moi : Alaska etc.

Ce jour là , comme tous les jours depuis notre arrivée à Fairbanks, je m’étais rendu dans le vieil hôtel dont le propriétaire avait accepté d’exposer des toiles de tante Jeanne. « Mais c’est un honneur » avait-il dit. Il faut dire que Jeanne Laurence comptait parmi les personnalités de l’Alaska. Tandis qu’elle restait au studio pour peindre ou tenir salon, je tâchais de vendre ses toiles dans le lobby de l’hôtel. L’ambiance était sympa et j’y côtoyais de nombreuses personnes comme des chercheurs d’or qui venaient en ville de temps en temps.

J’avais l’impression de vivre dans un film…

Chena River le matin du 14 août 1967  Chena River à 14h le 14 août 1967

Il était presque 14h, je parlais allemand avec un trappeur d’origine allemande qui vivait dans le pays depuis 50 ans à la recherche d’or. Il ne venait en ville que tous les six mois et ne savait toujours pas correctement s’exprimer en anglais, comme moi d’ailleurs. Soudain un brouhaha parcourut le hall et le propriétaire vint me dire qu’il fallait que je rentre me mettre à l’abri. L’immeuble où je logeais avec ma tante était bâti un peu en hauteur par rapport à la rivière dont le niveau montait dangereusement. Il faisait trop chaud et un glacier avait fondu en amont de Chena River qui allait sortir de son lit… http://i52.tinypic.com/23rs6kx.jpg  Je pris une dernière photo avant de renter. Un silence étrange s’empara de la ville suivi du vol incessant des hélicoptères.

 À 17h30 l’eau atteignit le bas de notre immeuble. On nous rassura en disant que les fondations étaient entourées d’un fossé qui captait les eaux au fur et à mesure. Toutefois il ne fallait pas que l’eau monte trop haut.

 Il ne pleut pas.

C'est l'eau qui atteint notre immeuble.

Tante Jeanne et moi 20

10 Octobre 2010 , Rédigé par Colmar City Publié dans #Tante Jeanne et moi : Alaska etc.

Peinture de Rusty Heurlin

Fairbanks ce nom fait rêver, cœur d’or de l’Alaska , à l’époque on y rencontrait

des gens assez pittoresques et passionnants, d’autres plus sages, comme les amis de tante Jeanne, tous peintres ou écrivains. Celle-ci avait loué un studio dans un des rares immeubles à plusieurs étages de la ville. C’est d’ailleurs ce qui nous a sauvées dans la nuit du 14 août 1967. Aventure que je vous conterai plus tard. Notre séjour n’était que rencontres et fêtes entres amis. Un jour, alors qu’on prenait le petit déjeuner au restaurant au bas de l’immeuble, nos voisins de table parlaient tantôt français, tantôt anglais. Intriguée j’ai tourné la tête pour voir qui c’était, je sais ce n’est pas poli, mais dans ce coin retiré il était rare qu’on rencontre des Français. L’un d’eux portait un bonnet rouge…c’était le commandant Cousteau ! Finalement nos deux tables n’en firent qu’une… le soir tante Jeanne recevait quelques amis. Parmi eux Rusty Heurlin, un peintre célèbre pour ses tableaux sur la ruée vers l'or, et sa compagne (en rose). http://i51.tinypic.com/yjyxe.jpg  

Je suis entre Rusty et Jeanne qui trinquent au succès de l'exposition des peintures

Tante Jeanne et moi 19 : Alaska

17 Septembre 2010 , Rédigé par Colmar City Publié dans #Tante Jeanne et moi : Alaska etc.

Mon permis de conduire américain en poche tante Jeanne m’emmène récupérer la Chevrolet bleue qu’elle avait réservée et nous voilà toutes les deux en route vers Fairbanks. Avant nous étions chez l’assureur chez qui nous avons eu un différent. Tante Jeanne voulait prendre l’assurance la moins chère et moi l’assurance tous risques. On m’avait fait vraiment peur du genre : la route est périlleuses, il y a de nombreux virages, il faut se méfier, tu n’y arriveras pas en une journée, etc. Je m’imaginais une route comme celle qui passe par le col du saint Gothard en Suisse. Bien décidée à ne pas céder j’allais payer la prime, qui finalement n’était pas bien élevée car dans ce pays on pouvait assurer une voiture juste pour la semaine, mais tante Jeanne paya. La route était large et droite à perte de vue. Je roulais à allure raisonnable pour jouir du paysage et surtout par crainte du passage d’ours comme m’avait prévenu l’assureur. La journée passa sans anicroche et sans virage périlleux, sans ville, ni village, les quelques noms sur la carte que je croyais être des lieux dits ou des villages, n’étaient à chaque fois qu’un bâtiment où l’on pouvait se restaurer et prendre de l’essence. Les quelques centaines de miles passèrent bien plus vite que sur les routes de France. Parties le matin, et malgré toutes les arrêts photos on arriva à Fairbanks le soir, façon de dire car en juillet le soleil se couche à peine une heure.

http://i51.tinypic.com/2vv4cye.jpg Tante Jeanne et moi à Rapids à mi chemin entre Anchorage et Fairbanks

Tante Jeanne et moi 18 : Alaska

23 Juin 2010 , Rédigé par Colmar City Publié dans #Tante Jeanne et moi : Alaska etc.

http://i45.tinypic.com/6igwac.jpg Dès notre retour à Anchorage on a sollicité mon aide. Les différentes associations qui géraient l’aéroport, savaient que tante Jeanne et moi, étions revenues avec les officiers de l’armée. Du coup j’étais considérée comme une personne de confiance et j’ai, dans le cadre des activités bénévoles, tenu le bureau des infos lorsque des jeunes militaires en partance pour le Vietnam faisaient escale à Anchorage. Mon unique travail consistait à lire les cartes postales qu’ils écrivaient à leurs familles et amis afin que rien ne soit divulgué, ni sur leur état d’âme, ni sur la destination exacte, etc. puis je mettais un timbre et postais ces petits messages. La plupart du temps je mettais les cartes postales dans les boîtes aux lettres de la poste sans les lire car le peu que je lisais me faisait pleurer. Un grand nombre de ces jeunes gars n’étaient jamais sortis de leurs quartiers et partaient à la guerre comme s’ils partaient en vacances…c’est du moins ce que révélaient leurs missives.

 

Tante Jeanne et moi 17 : retour vers l'Alaska

9 Juin 2010 , Rédigé par Colmar City Publié dans #Tante Jeanne et moi : Alaska etc.

Dans le parc résidentiel pour seniors de Calimesa, tout le monde était aux petits soins pour tante Jeanne et moi. Mais aux portes d’une région brûlée par le soleil, sans la climatisation dans le mobil home, on ne tient pas longtemps. Les résidents à l’année avaient tous un climatiseur, ils nous invitaient à tour de rôle, j’avais la piscine pour me rafraîchir, la salle commune climatisée pour les distractions quotidiennes…on se déplaçait en voiture climatisée. Mais tante Jeanne, bien qu’elle aimât la chaleur, cette année là, ne tint pas une semaine. Elle voulut donc retourner à Anchorage. Ce que nous fîmes, on nous accepta malgré le retour antidaté, privilège dû au 100 000 miles club. Retour inoubliable : tante Jeanne et moi étions les seules civiles, tous les autres passagers du vol LA-Anchorage, en cet été 1969 étaient des officiers de l’armée.

Tante Jeanne et moi 16 : Californie

6 Juin 2010 , Rédigé par Colmar City Publié dans #Tante Jeanne et moi : Alaska etc.

Voyager avec tante Jeanne n’était pas de tout repos. Comme elle faisait partie du 100 000 miles club, elle avait droit au salon VIP et autres avantages. Mais elle n’en profitait guère. Ainsi le jour de notre escale à l’aéroport de Los Angeles elle a refusé la chaise roulante, n’a pas voulu monter sur les tapis roulants, et ceci malgré ses difficultés pour se déplacer vite. Résultat : on a manqué la correspondance pour Riverside. On était plusieurs en retard pour cette destination, et c’est finalement en hélicoptère qu’on a quitté LA.

 Marylou à l'aéroport au fond l'hélicoptère

Tante Jeanne et moi 15 : Californie

28 Mai 2010 , Rédigé par Colmar City Publié dans #Tante Jeanne et moi : Alaska etc.

http://i47.tinypic.com/oi8w7n.jpg Il est impensable de visiter San Francisco sans voir le Golden Gate parc. Les amis de tante Jeanne m’y emmenèrent avec un arrêt très spécial au jardin japonais et sa maison de thé. Une balade fort agréable et pleine de surprises.

http://i47.tinypic.com/2u53pef.jpg

 

Le lendemain ce fut un tour à Chinatown le quartier chinois de la ville : dépaysement garanti.  On n’est plus aux U.S.A mais bel et bien en "Asie" et ceci à tous points de vue.

Tante Jeanne et moi 14 : Californie

17 Mai 2010 , Rédigé par Colmar City Publié dans #Tante Jeanne et moi : Alaska etc.

http://i39.tinypic.com/300xzrp.jpg http://i40.tinypic.com/ff7bbc.jpg San Francis  Hotel                                                 Cable Car

Tante Jeanne était reçue comme une VIP à travers tous les Etats-Unis. Le voyage d’Anchorage, Alaska, à Calimesa, Californie, se déroula donc en plusieurs escales durant lesquelles nos hôtes me montraient leurs villes. Après Seattle on s’arrêta à San Francisco. On m’emmena au  Golden Gate bridge, down town, Corona street, Lombard street la fameuse route qui serpente, San Francis Hotel, Le Cable Car etc. Mon souvenir le plus marquant est le déjeuner au Fisherman’s Wharf. Comme je conduisais j’ai déposé tante Jeanne et son amie à l’entrée du restaurant et partis garer la voiture. Chose faite, je grimpais les marches du restaurant lorsqu’un majordome en livrée vint vers moi disant : « Désolé madame mais vous ne pouvez pas entrer en pantalon. » Tante Jeanne avait monté les escaliers avec peine, elle était attablée avec son amie, ces dames m’attendaient. Rien à faire, bien qu’on était les seules clientes, pour l’heure, on nous chassa. Heureusement dans le restaurant voisin, plein à craqué, on nous accepta. Ceci se passa en 1969, époque à laquelle une femme en pantalon était encore mal vue par la High Society. Ces dames se devaient de porter capeline et gants blancs. http://i43.tinypic.com/zl3rq1.jpg  http://i44.tinypic.com/97k8ix.jpg  

Lombard street

<< < 1 2 3 4 5 6 > >>